Troubles bipolaires

Sels de lithium utilisés déjà à la Belle Époque

PARTIE 1

Il est vraiment dommage que la maladie mentale soit toujours une grande source de honte dans notre société, dans nos familles et même dans notre entourage.

La médecine est capable de traiter les symptômes et de beaucoup améliorer la situation des patients. Mais, il est vraiment dommage que la médecine ne puisse pas guérir ces maladies.

Bien que je pourrais parler de la santé mentale en général, j’ai choisi de consacrer mes prochains articles aux principaux types de maladies émotionnelles, qui sont les troubles bipolaires, la schizophrénie, les difficultés liées à l’anxiété (telles que les crises de panique et l’agoraphobie), les troubles liés aux addictions (y compris l’alcoolisme et la toxicomanie) et, enfin, les troubles de la personnalité.

Si vous, mes lecteurs, souhaitez que j’aborde un sujet de santé mental spécifique, merci de m’envoyer vos suggestions en remplissant le formulaire à la suite de cet article.

Je souhaite vous aider du mieux que je peux.  En outre, si vous avez des questions spécifiques sur ce sujet ou n’importe quel autre sujet lié aux maladies psychologiques, écrivez-les-moi, et je répondrai à autant de questions que possible, soit dans un éventuel article, soit en privé dans un courriel si cela vous convient mieux.

Pour commencer, quand je parle des troubles bipolaires, ou problèmes de santé mentale, j’utilise des mots tels que problèmes émotionnels, difficultés mentales, maladies psychologiques ou psychiatriques et troubles bipolaires, et des troubles divers de manière interchangeable. Tous ces termes ont une signification assez proche. Ils font tous référence à des maladies qui affectent l’état émotionnel du patient. En plus, toutes ces difficultés font partie du domaine de la psychiatrie.

La plupart de ces difficultés sont aussi traitées par des psychologues, cependant dans la plupart des pays du monde, les psychologues n’ont pas le droit de prescrire des médicaments, qui sont souvent utilisés afin de traiter les états psychotiques et autres difficultés les plus sévères.

Ce qui est particulièrement important, c’est qu’ici, aux États-Unis, il y a un mouvement de plus en plus influent pour permettre, dans certains États, aux psychologues qui traitent les maladies psychiatriques, qui ne sont pas des médecins, d’admettre leurs patients à l’hôpital et de les traiter avec des médicaments. Cela a créé une situation très polarisante ici dans la communauté médicale professionnelle qui traite les patients psychiatriques et pour les professionnels d’autres domaines liés au traitement de la santé mentale. Les psychiatres, en particulier, s’opposent à ce mouvement, car les psychologues n’ont pas la formation scientifique, pharmacologique et médicale nécessaire pour prescrire ces médicaments en toute sécurité. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que les médicaments psychotropes ont des interactions avec de nombreux autres médicaments et peuvent aggraver des problèmes de santé (physique ou mentale).

Toutefois, les équipes de traitement sont souvent composées de spécialistes de domaines variés en rapport avec la santé mentale. Ces équipes travaillent ensemble pour traiter ces patients, en particulier ceux qui présentent les symptômes les plus graves. Par ailleurs, les équipes de traitement peuvent être composées d’ergothérapeutes, de musicothérapeutes, de spécialistes du yoga, d’infirmières spécialisées (en psychiatrie), de conseillers en toxicomanie et en alcoolisme, de psychologues, de psychiatres et éventuellement d’autres spécialistes qui ciblent des maladies, des problèmes ou des états pathologiques particuliers.

Le lithium pour le traitement de la Maladie Bipolare depuis 1900 environ.

PARTIE 2

Si l’on croit qu’une personne pourrait présenter un épisode maniaque, quels critères sont utilisés ?  La plupart des cliniciens utilisent quatre catégories de symptômes.  Les critères A à D suivants définissent un épisode maniaque.

 Critère A – La durée 

* Pour  diagnostiquer un épisode maniaque, il est nécessaire d’avoir une période nettement délimitée, durant laquelle l’humeur est élevée, expansive, ou irritable de façon anormale et persistante.

* Pendant cette période, l’activité est soit orientée vers un but objectif spécifique, soit caractérisée par de l’énergie désorganisée et non-directionnelle sans but précis. 

* Les symptômes sont présents la plupart du temps, et cette période dure au moins une semaine, mais plutôt à peu près un mois, voire plus.

* Si les symptômes sont si graves qu’ils justifient une hospitalisation, le critère de durée  n’est pas nécessaire. 

B.  Au moins trois symptômes sont requis en même temps 

Au cours de cette période de perturbation de l’humeur et d’augmentation de l’énergie, au moins trois des symptômes suivants doivent être présents avec une intensité significative.   En outre, ces symptômes doivent représenter un changement notable par rapport au comportement habituel de cet individu.   Toutefois, si l’humeur de la personne est seulement irritable, quatre des symptômes suivants doivent être présents.

1.  Une augmentation de l’estime en soi ou des idées de grandeurs. 

2.  Une réduction du besoin de sommeil, par exemple, la personne se sent reposée après seulement trois heures de sommeil. 

3.  Une plus grande tendance à la communication que d’habitude ou un désir constant de parler.

4.  Une fuite des idées provoquée par des stimuli superflus ou non pertinents. 

5. Une augmentation de l’activité orientée vers un but (social, professionnel, scolaire ou sexuel) ou une agitation psychomotrice (c’est-à-dire une activité sans objectif, non-orientée vers un but). 

6.  Un engagement excessif dans des activités qui peuvent être dangereuses (par exemple, la personne se lance sans retenue dans des achats inconsidérés, des conduites sexuelles risquées, inconséquentes ou des investissements commerciaux financiers déraisonnables.)

C. La perturbation de l’humeur est suffisamment grave pour avoir un impact négatif sur le travail ou les relations sociales. ou pour nécessiter, ou rendre une hospitalisation nécessaire, car on craint des tentatives de suicide ou d’homicide, ou rendre une hospitalisation nécessaire, car on craint des tentatives de suicide ou d’homicide. 

Ou alors, on constate des symptômes psychotiques, c’est à dire des hallucinations visuelles ou auditives, ou des idées fixes infondées.

D. L’épisode n’est pas dû aux effets psychologiques d’une drogue, d’un médicament ou d’un autre traitement (sauf psychotropes), ou à une affection physique.

Pour terminer cette partie de la discussion sur les symptômes d’un diagnostic d’un épisode maniaque, il faut comprendre que les critères A à D définissent un épisode maniaque. Au moins un épisode maniaque au cours de la vie est nécessaire pour un diagnostic de trouble bipolaire 1. 

Si le patient présente seulement des épisodes hypomaniaques et des épisodes dépressifs, cela ne suffit pas à établir un diagnostic de trouble bipolaire 1.

Nous continuons maintenant notre discussion avec les épisodes hypomaniaques et les épisodes dépressifs, afin de mieux comprendre la complexités des troubles bipolaires.

VARIATIONS DE L’HUMEUR – GRAPHIQUE

Représentation graphique des variations de l’humeur dans le trouble bipolaire et la cyclothymie

PARTIE 3

Le diagnostic d’un épisode dépressif majeur (épisode dépressif  caractérisé) dans le contexte des troubles bipolaires de type I   

Un « épisode dépressif majeur» est aussi appelé un « épisode dépressif caractérisé ». Les deux expressions sont synonymes. 

Pour diagnostiquer un épisode dépressif majeur, il faut que les trois conditions A, B et C soient réunies

A. Au moins cinq (5) des symptômes suivants sont présents au cours d’une période d’une durée d’au moins 2 semaines et ils représentent un changement par rapport à la situation habituelle du patient. En outre, au moins l’un des symptômes est soit (1) une humeur dépressive, soit (2) une perte d’intérêt ou de plaisir.  Il est important de ne pas inclure des symptômes attribuables à une  autre affection médicale.  

 1. Humeur dépressive persistante signalée par la personne (par exemple, elle se sent triste, vide, ou sans  espoir) ou observée par les autres (par exemple, elle pleure, s’isole, devient muette ou exprime les idées suicidaires). 

Chez l’enfant et l’adolescent, l’humeur dépressive peut se manifester sous forme d’irritabilité.

 2. Diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir, quelle que soit la situation (signalée par la personne ou observée par les autres).

 3. Perte ou gain de poids significatif en l’absence de régime (par exemple, une modification du poids corporel excédant 5% en un mois). On peut constater aussi une diminution ou une augmentation de l’appétit presque tous les jours. 

Chez l’enfant, il faut prendre en compte l’absence de prise de poids attendue. 

 4. Insomnie ou hypersomnie presque tous les jours. 

 5. Agitation ou ralentissement psychomoteur constant, constaté soit par le patient, soit par son entourage. Ces symptômes peuvent inclure excitation, énervement, agitation ou ralentissement intérieur, diminution de vitesse, de mouvement, d’énergies et d’activités volontaires et involontaires.

 6. Fatigue ou perte d’énergie presque tous les jours.

 7. Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée, qui peut être délirante, presque tous les jours. Ce sentiment n’est pas limité au fait de se reprocher d’être malade.

 8. Diminution de l’aptitude à se concentrer ou indécision presque tous les jours (signalée par le sujet ou observée par les autres.) 

 9. Désir de mort récurrent (pas seulement une peur de mourir), idées  suicidaires récurrentes sans plans précis, tentative de suicide ou plan précis pour se suicider.  

B. Les symptômes provoquent une détresse ou une altération du comportement social, professionnel ou personnel de la vie quotidienne.  

C. L’épisode n’est pas dû aux effets psychologiques d’une substance ou d’une autre affection médicale.  

Les critères A à C définissent un épisode dépressif caractérisé, (ou épisode dépressif majeur). De tels épisodes sont très fréquents chez les personnes qui souffrent des troubles bipolaires de type I, mais leur présence n’est pas requise pour son diagnostic. Souvent, le premier épisode dépressif majeur diagnostiqué chez un patient atteint du trouble bipolaire I, se produit seulement quelques années après son premier épisode maniaque, mais peut se produire après 5 ans, après une décennie, voire plus. 

En outre, les réponses à une perte significative (par exemple, un deuil, une faillite, les pertes dues à une catastrophe naturelle, une maladie grave ou un handicap)  peuvent comprendre un sentiment de tristesse intense, des ruminations à propos de la perte, une insomnie, un manque d’appétit et une perte de poids. 

Ces symptômes sont inclus dans le critère A et rappellent un épisode dépressif. Ils peuvent être compréhensibles et jugés raisonnables compte tenu de la perte. Dans un tel cas, la possibilité d’un épisode dépressif caractérisé, en plus de la réponse à la perte, doit être considérée attentivement.  Cette décision fait appel au jugement du médecin qui tiendra compte des antécédents de la personne et des normes culturelles de l’expression de la souffrance dans le contexte du patient.

La connaissance de la psychiatrie transculturelle joue un rôle majeur dans le diagnostic précis des personnes de diverses cultures à travers le monde, d’autant plus que les migrations internationales sont en forte augmentation.

Afin d’être certain qu’un diagnostic de trouble bipolaire de type I est exact, il est important de tenir compte de ces deux facteurs: 

1. Les symptômes répondent aux critères d’au moins un épisode maniaque  (critères A à D «Épisode maniaque »). 

2. La survenue de l’épisode ou des épisodes maniaques ou dépressifs n’est  pas mieux expliquée par un trouble schizotypique, une schizophrénie, un  trouble schizophréniforme, un trouble délirant, un autre trouble du spectre  de la schizophrénie ou un autre trouble psychotique spécifié ou non spécifié.  

PARTIE 4

AUTRES SYMPTÔMES EN FAVEUR DU DIAGNOSTIC DES TROUBLES BIPOLAIRES

Souvent, les personnes présentant un épisode maniaque ne se perçoivent pas comme malades et refusent avec véhémence toute tentative de traitement.  Elles peuvent changer leur style d’habillement, ou de maquillage ou leur apparence physique pour paraître sexuellement plus attirantes ou avoir un style extravagant. 

Certaines personnes rapportent une perception plus aiguë des odeurs, des sons ou des stimuli visuels.  Des risques inconsidérés avec les jeux d’argent ou des comportements antisociaux peuvent accompagner un état maniaque. Certains sujets peuvent devenir hostiles et physiquement menaçants à l’égard des autres, et sous l’influence d’idées délirantes devenir physiquement agressifs ou suicidaires.

Les conséquences d’un épisode maniaque, souvent causées par les troubles du jugement, un sentiment de culpabilité d’être malade et/ou l’hyperactivité,  sont une hospitalisation sous contrainte, des problèmes avec la loi ou de sérieuses difficultés financières. 

L’humeur peut changer très rapidement de la joie extrême à la colère ou un état dépressif. Les symptômes dépressifs peuvent survenir pendant quelques instants, quelques heures ou plus rarement quelques jours. Voir la section ou j’explique les troubles bipolaires avec des caractéristiques mixtes.

PRÉVALENCE

La prévalence sur 12 mois des troubles bipolaires de type I est estimée à 0,6% de la population aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans les onze pays de l’Ouest de l’Europe qui ont des niveaux équivalents de traitement des troubles émotionnels.  La prévalence des troubles bipolaires de type I n’a pas été encore suffisamment étudiée dans les pays en voie de développement en Asie, en Afrique, en Amérique Centrale, en Amérique du Sud ou au Moyen Orient. 


DÉVELOPPEMENT ET ÉVOLUTION

L’âge moyen du début d’un premier épisode maniaque ou d’un épisode dépressif majeur (caractérisé) se situe vers l’âge de 18 ans pour le trouble bipolaire de type I.  Une attention particulière est nécessaire pour établir le diagnostic chez les enfants. Étant donné que les enfants de même âge peuvent se situer à des stades différents en termes de développement, il est difficile de déterminer avec précision ce qui est «normal» ou «attendu» chez les jeunes patients. Par conséquent, chaque enfant doit être évalué en fonction de son comportement habituel. La pathologie peut débuter à tous les âges de la vie, y compris à des âges tardifs tels que 60 ou 70 ans.

Si des symptômes maniaques (tels qu’une désinhibition sexuelle ou sociale) apparaissent pour la première fois à un âge moyen ou tardif, le médecin doit d’abord chercher une explication physique ou neurologique aux symptômes psychologiques, avant d’envisager un diagnostic de trouble bipolaire.

Plus de 90 % des sujets qui ont présenté un épisode maniaque auront d’autres épisodes. Environ 60 % des petits épisodes maniaques précèdent immédiatement un épisode dépressif. Les sujets présentant un trouble bipolaire de type I avec plus de quatre épisodes par an (épisode dépressif, maniaque ou hypomaniaque au cours d’une année) présentent les critères des cycles rapides.

FACTEURS DE RISQUE ET PRONOSTICS

Environnementaux.  Le diagnostic de trouble bipolaire est plus fréquent dans les pays à hauts revenus que dans les pays à revenu plus bas (1,4 versus 0,7 %). Les sujets séparés, divorcés ou veufs ont plus de risques de présenter un trouble bipolaire de type I que les personnes mariées ou célibataires.  Cependant, il est difficile de savoir quelle est la cause et quelle est la conséquence dans cette corrélation.

Génétiques et physiologiques.  Des antécédents familiaux de trouble bipolaire sont un des facteurs de risques les plus importants et les plus clairement établis. Le risque de développer le trouble est en moyenne 10 fois plus important chez UN ADULTE APPARENTÉ À UN PATIENT présentant un trouble bipolaire de type un ou deux. Le risque augmente avec le degré de parenté. La schizophrénie et les troubles bipolaires partagent des facteurs héréditaires communs, ce qui se traduit par une co-occurrence familiale pour ces deux pathologies.

Facteurs influençant l’évolution :  Un sujet ayant présenté un épisode maniaque avec tes caractéristiques psychotiques aura plus de risques d’avoir des rechutes maniaques avec des caractéristiques psychotiques. Une meilleure rémission entre les épisodes est plus fréquente lorsque l’épisode maniaque s’accompagne de troubles psychotiques euphoriques, plutôt que de troubles psychotiques tels qu’un délire de persécution.

QUESTIONS DIAGNOSTIQUES LIÉES À LA CULTURE 

Il existe peu de données concernant les différences d’expression clinique du trouble bipolaire de type I en fonction de la culture. Cela peut être en partie expliqué par le fait que les instruments diagnostics sont souvent traduits et utilisés sans validation transculturelle. Dans une étude américaine, la prévalence sur 12 mois du trouble bipolaire de type I était significativement plus basse chez les Afro-Antillais que chez les Américains d’origine africaine ou chez les Caucasiens. 

QUESTIONS DIAGNOSTIQUES LIÉES AU GENRE

Les femmes sont plus à risque de développer des cycles rapides et des états mixtes (voir plus bas). Elles sont également susceptibles de présenter des comorbidités différentes de celle des hommes, comme par des troubles du comportement alimentaire (anorexie et boulimie, par exemple).  Les femmes, quel que* soit le type de trouble I ou II, sont plus susceptibles de présenter des symptômes dépressifs que les hommes. Elles ont également un plus grand risque de développer au cours de la vie un trouble lié à l’usage d’alcool que les hommes et que les femmes dans la population générale. 

RISQUE SUICIDAIRE

Le risque suicidaire chez une personne atteinte de troubles bipolaires est estimé au moins 15 fois plus élevé que dans la population générale. Les troubles bipolaires pourraient rendre compte d’un quart des suicides. Des antécédents de tentatives de suicide et un plus grand nombre de jours passés en dépression dans l’année passée sont associés à un plus grand risque de tentatives de suicide ou de suicide.

PARTIE 5

DESCRIPTIONS DES ÉPISODES HYPOMANIAQUES

Par rapport aux épisodes de manie aiguë, les épisodes d’hypomanie sont caractérisés par une accumulation de plusieurs symptômes moins sévères. Au cours des épisodes d’hypomanie, la sévérité des symptômes, la durée des symptômes et les conséquences négatives de ces symptômes sur la vie d’une personne ont tendance à être beaucoup moindres.  De plus, les états hypomaniaques n’occasionnent pas de psychose, c’est à dire que la connexion avec la réalité n’est pas rompue pendant ces épisodes.

Le pronostic d’un patient avec des épisodes hypomaniaques sur le long terme, intermittents et récurrents est beaucoup plus favorable pour l’avenir de cette personne.   Ces personnes ont une forte probabilité d’avoir une vie très agréable dans le travail et les relations interpersonnelles, à condition que leur traitement psychopharmacologique soit beaucoup moins restrictif ou encombrant que ceux des patients bipolaires de type I. Le calendrier hebdomadaire de psychothérapie verbale est aussi plus facile à suivre pour la plupart des personnes touchées.

Les critères A à E suivants définissent un épisode hypomaniaque :

A. 4 jours de symptômes au minimum : Une période nettement délimitée durant laquelle l’humeur est élevée, expansive ou irritable de façon anormale et continue, avec une augmentation inhabituelle de l’activité ou du niveau d’énergie, persistant la plupart du temps, pendant au moins 4 jours consécutifs.

B. 3 ou 4 symptômes sont requis pour diagnostiquer ce syndrome. Au cours de cette période de perturbation de l’humeur et d’augmentation de l’énergie ou de l’activité, au moins 3 des symptômes suivants (4 si l’humeur est seulement irritable) doivent être présents avec une intensité significative et représenter un changement notable par rapport comportement habituel :

                1. Une augmentation de l’estime de soi ou des idées de grandeur.

                2. Une réduction du besoin de sommeil (par exemple, le patient se sent reposé après seulement 3 heures de sommeil).

               3. Une plus grande communicabilité que d’habitude ou un désir constant de parler.

               4. Une fuite des idées ou des sensations subjectives que les pensées défilent.

               5. Une distractibilité (c’est-à-dire que l’attention est trop facilement attirée par des stimuli extérieurs sans importance ou non pertinents) rapportée ou observée. 

               6. Une augmentation de l’activité orientée vers un but (social, professionnel, scolaire ou sexuel) ou une agitation psychomotrice.

7. Un engagement excessif dans des activités qui peuvent être dangereuses (par exemple, la personne se lance sans retenue dans des achats inconsidérés, des comportements sexuels risqués ou des investissements financiers déraisonnables).

C. L’épisode n’est pas dû aux effets psychologiques d’une drogue, d’un  médicament ou d’un autre traitement (par exemple des psychotropes), ou à une affection physique.

D. La perturbation de l’humeur et la modification du fonctionnement sont manifestes pour les autres.

E. La sévérité de l’épisode n’est pas suffisante pour entraîner une altération marquée du fonctionnement professionnel ou social, ou pour nécessiter une hospitalisation.  S’il existe des caractéristiques psychotiques, l’épisode est, par définition, maniaque. 


Numéro 6

TROUBLES CYCLOTHYMIQUES

Critères diagnostiques des troubles cyclothymiques


Symptômes requis pour établir le diagnostic :

  1. Il existe pendant au moins 2 ans (et au moins 1 an chez les enfants et les adolescents) de nombreuses périodes pendant lesquelles des symptômes hypomaniaques sont présents sans que les critères d’un épisode hypomaniaque soient réunis et de nombreuses périodes pendant lesquelles des symptômes dépressifs sont présents sans que les critères d’un épisode dépressif caractérisé soient réunis.
  2. Durant la période de deux ans décrite ci-dessus (un an chez les enfants et les adolescents), les périodes hypomaniaques et dépressives ont été présentes pendant au moins la moitié du temps et la personne n’a pas connu de période de plus de deux mois consécutifs sans symptômes. 
  3. Les critères pour un épisode dépressif caractérisé, maniaque ou hypomaniaque n’ont jamais été réunis.
  4. Les symptômes du critère A ne sont pas mieux expliqués par un trouble schizoaffectif, une schizophrénie, un trouble schizophréniforme, un trouble délirant ou un trouble spécifié ou non specifié du spectre de la schizophrénie ou un autre trouble psychotique. (J’expliquerai les symptômes et les définitions des maladies qui appartiennent à la famille des troubles schizophréniformes dans un prochain article sur les troubles psychiatriques.)
  5. Les symptômes ne sont pas dûs aux effets psychologiques d’une substance (par example, drogue illicite ou médicament) ou à une autre affection médicale (par exemple, hyperthyroïdie).
  6. Les symptômes entraînent une détresse cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou d’autres domaines importants de la vie. 

PARTIE 7

Diagnostic différentiel de troubles bipolaires sans ou avec l’abus des substances/drogues illicites

Lorsque une personne est touchée par un trouble bipolaire, il est souvent difficile de diagnostiquer le problème principal ou majeur et les problèmes associés avec ces morbidités. Il est inconnu quel pourcentage de ces problèmes des états ou maladies mixtes sont héréditaires, environnementales ou partiellement les deux à la fois. 

1. Trouble dépressif caractérisé. Il paraît évident que le diagnostic différentiel le plusieurs difficile est celui avec le trouble dépressif caractérisé qui peut être associé à des symptômes hypomaniaques ou maniaques ne remplissant pas les critères complets d’un épisode (c’est-à-dire soit moins de symptômes, soit une durée plus courte que celle requise pour présenter un épisode hypomaniaque). Cela s’avère particulièrement vrai pour les sujets qui présentent une irritabilité, qui peut être associée soit à un trouble dépressif caractérisé, soit à un trouble bipolaire II. 

2. Trouble cyclothymique. Au cours du trouble cyclothymique, il existe de nombreuses périodes avec dés symptômes hypomaniaques et de nombreuses périodes avec des symptômes dépressifs qui ne remplissent pas les critères d’un épisode dépressif caractérisé. Le trouble bipolaire II se distingue du trouble cyclothymique par la présence d’au moins un episode dépressif caractérisé. Si un épisode dépressif caractérisé survient après les deux premières années d’un trouble cyclothymique, on pose un diagnostic additionnel de trouble bipolaire II. 

3. Spectre de la schizophrénie est autre troubles psychotiques apparentés. Le trouble bipolaire II doit être distinguer des troubles psychotiques (par exemple trouble schizoaffectif, schizophrénie et trouble dilirant). La schizophrénie, les troubles schizoaffectifs et les troubles délirants sont caractérisés par des périodes de symptômes psychotiques qui surviennent en l’absence de symptômes thymiques au premier plan. Les autres facteurs à considérer sont les symptômes concomitants, l’évolution antérieure et les antécédents familiaux. 

4. Troubles paniques et autres troubles anxieux. Les troubles anxieux doivent être considérés en temps que diagnostic différentiel mais sont souvent présents comme troubles associés. 

5. Troubles de l’usage d’une substance. Les troubles de l’usage d’une substance sont inclus dans le diagnostic différentiel. 

6. Déficit de l’attention/hyperactivité. Le trouble déficit de l’attention /hyperactivité (TDAH) peut être confondu avec un trouble bipolaire II, en particulier chez l’enfant et l’adolescent. De nombreux symptômes du TDAH, telle qu’une élocution rapide, les pensées défilent, la distractibilité et la réduction du besoin de sommeil recouvrent les symptômes d’hypomanie. Afin d’éviter la double prise en compte des symptômes à la fois pour un TDAH et pour un trouble bipolaire II, il convient de repérer l’existence d’épisodes distincts et de voir si cela correspond à un changement par rapport à l’état habituel, critère nécessaire pour le diagnostic de trouble bipolaire II. 

7. Troubles de la personnalité. Le même principe que celui utilisé pour le TDAH s’applique lorsque l’on évalue un sujet pour un trouble de la personnalité tél qu’une personnalité borderline, étant donné que la labilité émotionnelle est l’impulsivité sont des dimensions communes aux deux pathologies. Pour les troubles bipolaires, les symptômes doivent s’inscrire dans le cadre d’un épisode et se majorer nettement par rapport à l’état habituel. Un diagnostic de trouble de la personnalité ne doit pas être porté au cours d’un épisode nontraité excepté lorsque les antécédents sont en faveur de l’existence d’un trouble de la personnalité. 

8. Autres troubles bipolaires. Le diagnostic de trouble bipolaire II doit être différencié de celui de trouble bipolaire I en recherchant attentivement des épisodes antérieurs de manie, et d’autre part des autres troubles bipolaires spécifiés, nonspecifiés et apparentés par la presensence de syndromes complets d’hypomanie et de dépression. 

COMORBIDITÉ 

Les troubles bipolaires II sont le plus souvent associés à un ou plusieurs troubles mentaux comorbidités, les troubles anxieux étant les plus fréquents. Approximativement 60% des personnes ayant un trouble bipolaire ont au moins trois troubles psychiatriques associés, 75% ont un trouble anxieux, et 37% ont un trouble de l’usage d’une substance. Les enfants et les adolescents ayant un trouble bipolaire II ont une fréquence plus élevée de troubles anxieux associés que ceux présentant un trouble bipolaire I et le plus souvent, le trouble anxieux précède le trouble bipolaire. Les troubles anxieux et les troubles de l’usage d’une substance sont plus fréquents que dans la population générale. Les deux ou trois comorbidités doivent être traitées en même temps en tant que patient hospitalisé ou patient ambulatoire. La surveillance de l’abus des substances illicites doit être suivie régulièrement par tests sanguins et contrôlées suffisamment avant que les troubles bipolaires ne puissent être traités efficacement par l’équipe médicale. Il existe beaucoup de centres de traitement des troubles mentaux qui se spécialisent en gérant le rétablissement des patients tels que ceux-ci, qui sont touchés par un diagnostic double, c’est-à-dire un trouble psychiatrique ou bipolaire et avec un trouble d’abus d’un ou de multiples substances.

PARTIE 8

TRAITEMENT DES TROUBLES BIPOLAIRES … & MÉDICAMENTS ?

Molécule de la bicarbonate de lithium en 3-D
formule moléculaire du lithium

Pendant les années 1950-1960, le bicarbonate de lithium était le base du traitement des instabilités affectifs, toutefois l’efficacité de cette molécule a été découverte vers la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle aux stations thermiques en Europe. Une fois découverte, le lithium était utilisé excessivement pour stabiliser l’humeur de patients qui avaient une grande variété d’instabilité émotionnelle. Même aujourd’hui, le lithium est souvent ajouté au cocktail des médicaments même pour des schizophrènes ou des patients diagnostiqués avec un trouble schizoaffectif. Cette condition possède des symptômes partagés par ceux avec la schizophrénie et ceux avec les troubles bipolaires. L’efficacité du lithium soutient en outre un lien génétique ou héréditaire entre ces deux conditions émotionnelles.

Au fur et à mesure des décennies, de multiples psychotropes ont été découvertes et évaluées profondément. Aujourd’hui, il y a un immense «armamentarium » (armement) de possibilités psychothérapeutiques disponibles pour réguler les troubles de l’humeur et l’instabilité de l’humeur. En fait, ce groupe de troubles émotionnels est parmi les plus étudiés et compris. Le pronostic pour ces patients est parmi les meilleurs pour presque tous les troubles psychiatriques et la plupart de ces patients jouissent des relations professionnelles et interpersonnelles les plus complètes et les plus productives avec des vies riches.

Petit recul, est que certains médicaments de stabilisation de l’humeur nécessitent des prises de sang afin de connaître les niveaux sanguins actifs et ces patients doivent être suivis régulièrement. Cependant, compte tenu des énormes améliorations de leur qualité de vie, cela est considéré comme un prix plutôt modeste à payer.

La qualité de vie s’est considérablement améliorée chez les personnes souffrant de troubles bipolaires au cours des dernières années.  Quand j’ai commencé à travailler en psychiatrie il y a plus de 40 ans, la vie de ces patients était contrôlée par leur fuite illogique d’idées.  De nos jours, de nombreuses personnes souffrant d’une forme de trouble bipolaire ne sont plus prises en otage par leurs pensées précipitées ou déprimées.  La plupart peuvent mener une vie satisfaisante au travail, dans leur famille, ainsi que dans leurs relations sociales et amoureuses.  Les perspectives de traitement et de prise en charge des patients atteints de trouble bipolaire devraient encore s’améliorer au cours des prochaines décennies.

FIN DE CET ARTICLE SUR LES TROUBLES BIPOLAIRES

*Un grand merci à Angel Pretot qui m’a aidé en corrigeant ce texte où j’avais des difficultés.

*Texte corrigé avec l’aide d’Angel Pretot, French Learning Coach : frenchfluency.net. Angel, je te remercie infiniment pour des difficultés avec lesquelles tu m’as aidé. J’en suis sincèrement reconnaissant de ta patience.

« L’éternité 
C’est la mer mêlée 
Au soleil.
 »

– Arthur Rimbaud (1854-1891) –

Très bonne journée à toutes et à tous ! 🥴🍀👍

BIPOLAR DISORDER 

Published by Psychiatre, couturier de courtepointes, apprenant perpétuel de français, jardiner

Psychiatre, couturier de courtepointes, apprenant perpétuel de français, jardiner. Ces sont mes passions de la vie et une source de ma propre psychothérapie et mon bonheur.

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